Tout ce temps, tout ces visages, tout ces cris de jouissance, ces étreintes sans âme au petit matin, quand la nuit n'est plus, le jour n'est pas encore, ton orgasme prend fin, et tes yeux se dessillent et, ta chambre n'est qu'un bordel, Baudelaire est mort et, danst tes bras, il n' y a qu'une putain ...
Dans le jacuzzi, j'ai froid. Et son champagne, je ne le bois pas. Des bougies éclairent nos chairs humidees, grisâtres au clair-obscur de l'aube qui s'immisce à travers les volets, sinistre mise en scène, toujours la même .
Il m'embrasse, mais j'ai les yeux ouverts et , d'icin je distingue des cheveux blonds sur un peigne, et des emballages de capotes, vides, par terre.
Je suis lasse.
Et il me met La vie d'artiste de Ferré et le déclare que c'est nous, que c'est notre histoire, ses yeux vidés par les excès se plongent dans les miens et j'essaie d'y trouver mes larmes, je ne vois rien. Ces notes lancinantes qui troublent l'aube et le silence, c'est bien notre histoire avortée, de rires oubliés, de sentiments non dits, le regret de sentir que tout est fini, et qu'on n'y peut plus rien. "Que je m'en fiche", dit Ferré, tout bas. Et A me dit qu'un jour je pourrais lui écrire cette chanson.
Le bonheur on ne peut que passer à côté,
Si tu m'avais aimée...Ca ne pouvait pas suffire.
Et ta débauche ne leurre qu'un instant ton désespoir caché.
C'est un de ces maux qu'on ne peut pas guérir ...
Ce n'est pas ta faute .
Dans le taxi qui me ramène chez moi , je regarde Paris qui défile à l'envers, et je fume une clope dont je n'avais pas envie. Le Concorde Lafayette culmine au dessus de moi, et je me souviens de ce soir de l'hivers dernier, on attendait la séance de cinéma assis sur un banc, devant l'hôtel, emmitouflés dans ton manteau : " On se verra toute notre vie ", c'est toi qui l'avais dit.
A chaque fois que je passe par là, je crois voir nos deux silhouettes embrassées, mais il n'y a jamais personne sur ce banc.
Le passé ...
Je me revois t'attendre, patiente, rue du Faubourg Saint-Honoré, devant chez Hermès, tu rentrais de voyage et tu voulais me voir, tu étais en retard, il était deux heures du matin, mais je n'avais pas froid.
Et quand on sillonnait Paris sur ton scooter, après ton retrait de permis, nos retrouvailles après l'été, et ce dîner a Saint germain où j'avais bu trop de sancerre, où je ne pouvais rien avaler .
Et toute ces nuits à tes côtés, ton lit auquel j'étais habituée au point de pouvoir y rêver, comme dans le mien.
Et Sinatra, Pavarotti, Léo Ferré, Paris Dernière, et Baudelaire...
Maintenant je sais que tu en lis aussi aux autres, et c'est pour ça que c'est fini.
Je l'ai tekkement dit, mais cette fois-ci, c'est pour de bon, tu as choisi.
Tu as préféré ta vie de con, le bonheur nour aurait ennuyés. On crèvera chacun de notre côté.
Maintenant j'entends de toute part tes histoires ou tes conquêtes, et quand je parle de nous au passé, on me rit au nez...
Parce que je dis " nous ".
Ils ont raison.
Je prends conscience de la nuque du chauffeyr de taxi, du bruit monotone du moteur et du crépitement de la pluie sur le toit de la voiture.Le feu passe du rouge au vert ,et je suis seulement fatiguée...
Ces rues désertes aux trottoirs mouillés, sortir, se coucher tard, tout ce monde, cette sensation de brûlure à la poitrine, les jambes cassées. J'ai du mal à respirer.
Je n'ai envie de rien, je ne sais pas quoi faire, je ne veux pas dormir, je ne veux pas rester éveillée. Je n'ai pas faim. Je ne veux pas être seule, je ne veux voir personne. J'ai l'impression d'être en sursis. Je suis juste completement défoncée.
La vérité se fait jour avec lenteur et me laisse vide...A...même A... ce que je m'en fiche.
(Hell)
Oublier le passé
Profiter du présent
Penser à l'avenir
( . . . )